PRIÈRE QUOTIDIENNE

Qu’est-ce que la Liturgie des Heures ?

Rédaction Saintly 9 min de lecture
Illustration de moines tenant des livres et une bougie allumée sur une colline au-dessus de la mer, la nuit, devant une église de pierre
L'essentiel

La Liturgie des Heures, appelée aussi office divin ou bréviaire, est la prière quotidienne officielle de l’Église catholique. Elle est faite de psaumes, de lectures de l’Écriture, de cantiques et d’intercessions priés à des heures fixes, pour que toute la journée soit sanctifiée par la louange. Ses Heures principales sont les laudes et les vêpres, entourées de l’office des lectures, de l’heure médiane et des complies. Les prêtres doivent la prier chaque jour ; les fidèles laïcs sont vivement invités à en prier n’importe quelle partie, seuls ou avec d’autres.

La Liturgie des Heures est la prière quotidienne officielle de l’Église catholique, priée à des heures fixes du matin au soir. On l’appelle aussi office divin ou bréviaire. Elle est faite surtout de psaumes, avec des lectures de l’Écriture, des hymnes, des cantiques et des intercessions.

Les prêtres, les diacres et beaucoup de religieux la prient chaque jour. Les laïcs y sont invités eux aussi, et la plupart commencent par une seule Heure, en général les laudes ou les vêpres. Une Heure demande environ quinze minutes, il suffit d’un livre ou d’une application, et elle unit celui qui prie à la prière de toute l’Église.

Qu’est-ce que la Liturgie des Heures ?

La Liturgie des Heures est la prière publique de l’Église pour chaque moment de la journée. Par des psaumes, des lectures de l’Écriture et des intercessions priés à des heures fixes, elle sanctifie par la louange le matin, la journée, le soir et la nuit. C’est une liturgie, la prière de l’Église tout entière, et non une dévotion privée.

Le Catéchisme dit que le mystère du Christ « pénètre et transfigure le temps de chaque jour par la célébration de la Liturgie des Heures » (CEC 1174). Le concile Vatican II en donne le but en une phrase : l’office divin « est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu » (Sacrosanctum Concilium 84).

Cette prière n’appartient pas à celui qui la dit. Le même article du Concile y voit « la voix de l’Épouse elle-même qui s’adresse à l’Époux » et « la prière du Christ que celui-ci, uni à son Corps, présente au Père » (Sacrosanctum Concilium 84). Celui qui la prie seul à la table de sa cuisine prie les mêmes psaumes que les prêtres, les moines et les laïcs du monde entier ce jour-là.

« Office divin » vient du latin officium, devoir ou service, et le « bréviaire » est le livre qui le contient. Les évêques des États-Unis lui donnent un troisième nom, l’Œuvre de Dieu (Opus Dei), et la décrivent comme la prière quotidienne de l’Église, qui marque les heures de chaque jour et sanctifie la journée par la prière (USCCB, Liturgy of the Hours).

D’où vient la Liturgie des Heures ?

Elle est née de la prière juive à heures fixes, que Jésus et les apôtres pratiquaient. Les premiers chrétiens ont continué de prier à heures fixes et, au fil des siècles, les moines et le clergé des cathédrales ont fait de ces Heures un cycle quotidien de psaumes. Après le concile Vatican II, le pape Paul VI a promulgué l’office rénové en 1970.

Les psaumes parlent déjà de prière à heures fixes : « Le soir et le matin et à midi, je me plains, je suis inquiet. Et Dieu a entendu ma voix » (Ps 54 (55), 18). Le psaume 118 ajoute : « Sept fois chaque jour, je te loue pour tes justes décisions » (Ps 118 (119), 164). En exil, Daniel, « trois fois par jour, il se mettait à genoux, s’adonnant à l’intercession et à la louange en présence de son Dieu » (Dn 6, 11).

Les apôtres ont gardé ces heures après la Résurrection. « Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure » (Ac 3, 1), vers trois heures de l’après-midi. Pierre « monta sur la terrasse de la maison, vers midi, pour prier » (Ac 10, 9). La Didachè, l’un des plus anciens écrits chrétiens en dehors du Nouveau Testament, donne le Notre Père et ajoute : « Priez ainsi trois fois par jour » (Didachè 8).

Les monastères remplissaient le jour et la nuit de psaumes, et le clergé des cathédrales célébrait les Heures du matin et du soir avec le peuple. Le Concile a décidé que « le cours traditionnel des Heures sera restauré de telle façon que les Heures retrouveront leur vrai temps dans la mesure du possible » (Sacrosanctum Concilium 88). La réforme de Paul VI a réparti les psaumes sur quatre semaines au lieu d’une (Laudis Canticum 4).

Quelles sont les Heures de l’office divin ?

L’office romain compte cinq sortes d’Heures : l’office des lectures, les laudes (prière du matin), l’heure médiane, les vêpres (prière du soir) et les complies (prière avant la nuit). Les laudes et les vêpres sont les plus importantes. L’heure médiane peut être une seule Heure brève ou trois, priées en milieu de matinée, à midi et en milieu d’après-midi.

Le Concile dit que les laudes et les vêpres « constituent les deux pôles de l’office quotidien » (Sacrosanctum Concilium 89). Les autres Heures s’organisent autour d’elles.

Office des lectures. L’ancienne Heure de nuit, autrefois appelée matines, peut désormais « être récitée à n’importe quelle heure du jour » (Sacrosanctum Concilium 89). Après trois psaumes, il propose « une riche méditation de la Sainte Écriture ainsi que les plus belles pages des auteurs spirituels » (Présentation générale 55, citée par l’USCCB).

Laudes. La Présentation générale cite saint Basile : la louange du matin sert à « consacrer à Dieu les premiers mouvements de notre âme et de notre esprit ». Priées au lever du jour, les laudes évoquent aussi la résurrection du Seigneur (Présentation générale 38, citée par l’USCCB).

Heure médiane. Les anciennes Heures de tierce, sexte et none tombent vers neuf heures, midi et trois heures. On les a gardées à cause du « lien qui rattache à ces Heures la mémoire de la passion du Seigneur et celle de la première propagation de l’Évangile » (Présentation générale 74-75, citée par l’USCCB). Hors d’un monastère ou d’un chapitre, il suffit d’en prier une sur les trois (Sacrosanctum Concilium 89).

Vêpres. Elles tirent leur image d’un psaume : « Que ma prière devant toi s’élève comme un encens, et mes mains, comme l’offrande du soir » (Ps 140 (141), 2). L’office du soir est célébré « afin de rendre grâce pour ce qui, en ce jour, nous a été donné, ou pour ce que nous avons fait de bien » (Présentation générale 39, citée par l’USCCB).

Complies. C’est « la dernière prière du jour, à faire avant le repos de la nuit, même après minuit le cas échéant » (Présentation générale 84, citée par l’USCCB). Elles commencent par un bref examen de conscience et se terminent par une hymne ou une antienne à la Vierge Marie.

Que contient chaque Heure ?

Chaque Heure suit le même schéma de base : un verset d’ouverture, une hymne, des psaumes ou des cantiques avec de courtes antiennes, une lecture de l’Écriture suivie d’un répons, et une oraison finale. Les laudes et les vêpres y ajoutent un cantique évangélique, des intercessions et le Notre Père. Presque chaque mot vient de la Bible.

Les psaumes en sont le cœur. Le Catéchisme appelle le psautier le « chef-d’œuvre de la prière dans l’Ancien Testament » (CEC 2585) et dit : « Priés et accomplis dans le Christ, les Psaumes demeurent essentiels à la prière de Son Église » (CEC 2586). Sur quatre semaines, l’office les parcourt presque tous.

La première Heure de chaque jour s’ouvre par le verset invitatoire du psaume 50 : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange » (Ps 50 (51), 17). Les autres Heures s’ouvrent par un verset du psaume 69 qui demande à Dieu de venir vite à notre secours.

Trois cantiques évangéliques structurent les Heures principales. Les laudes ont le cantique de Zacharie, le Benedictus, tiré de Lc 1, 68-79. Les vêpres ont le Magnificat, le chant de Marie tiré de Lc 1, 46-55. Les complies ont le cantique de Syméon : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole » (Lc 2, 29).

Les hymnes et les antiennes changent avec le temps liturgique et les fêtes. Selon le Catéchisme, elles « insèrent la prière des psaumes dans le temps de l’Église, exprimant le symbolisme du moment de la journée, du temps liturgique ou de la fête célébrée » (CEC 1177). Dans les derniers jours de l’Avent, par exemple, les vêpres chantent les antiennes « Ô » avant le Magnificat.

Qui doit prier la Liturgie des Heures ?

Les prêtres et les diacres qui se préparent au sacerdoce doivent prier l’office complet chaque jour. Les diacres permanents prient la partie fixée par leur conférence des évêques, et les religieux suivent leurs constitutions. Les laïcs n’ont aucune obligation, mais l’Église les invite vivement à y participer, seuls ou avec d’autres.

Le Code de droit canonique dit que les prêtres et les diacres qui aspirent au presbytérat « sont tenus par l’obligation de s’acquitter tous les jours de la liturgie des heures selon les livres liturgiques propres et approuvés » (can. 276, § 2). Les membres des instituts religieux y sont astreints « selon leurs constitutions » (can. 1174, § 1).

Pour tous les autres, le même canon est une invitation. Les fidèles laïcs « sont vivement invités, selon les circonstances, à participer à la liturgie des heures en tant qu’elle est une action de l’Église » (can. 1174, § 2). Le Catéchisme va plus loin : la Liturgie des Heures « est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu » (CEC 1175).

Le Concile a demandé aux paroisses de le rendre possible : « Les pasteurs veilleront à ce que les Heures principales, surtout les vêpres, les dimanches et jours de fêtes solennelles, soient célébrées en commun dans l’église. » Et encore : « On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l’office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu’ils sont réunis entre eux, voire individuellement » (Sacrosanctum Concilium 100). À la différence de la messe du dimanche, la manquer n’est pas un péché pour un laïc.

Comment commencer à prier la Liturgie des Heures ?

Commencez par une seule Heure, en général les laudes ou les vêpres, à un moment que vous pouvez tenir chaque jour. Utilisez une application ou un site gratuit qui présente l’office du jour dans l’ordre, ou un bréviaire en un volume. Priez lentement, à voix haute si vous le pouvez, et n’ajoutez une deuxième Heure qu’une fois la première devenue une habitude.

1. Choisissez une Heure. Les laudes conviennent à ceux qui prient avant le travail, les vêpres à ceux dont les matinées sont chargées. Les complies sont l’Heure la plus courte et trouvent facilement leur place avant le coucher.

2. Choisissez un texte. Des sites et applications gratuits, comme ceux de l’AELF ou iBreviary, donnent chaque jour l’office complet, et c’est la façon la plus simple de commencer. En version imprimée, le volume unique Prière du temps présent contient les laudes, les vêpres et les complies pour toute l’année. La Liturgie des Heures complète existe en quatre volumes.

3. Apprenez à vous repérer dans le livre. Un bréviaire imprimé a plusieurs signets : pour le psautier de quatre semaines, pour le temps liturgique ou la fête, et pour les parties fixes qu’on appelle l’ordinaire. Une application supprime cette étape.

4. Respectez l’heure. Chaque Heure appartient à son moment de la journée, et « le temps vrai de chaque heure sera autant que possible observé » (can. 1175).

5. Priez les psaumes, ne vous contentez pas de les lire. Selon le Catéchisme, célébrer l’office exige « d’harmoniser la voix avec le cœur qui prie » et « de se procurer une connaissance plus abondante de la liturgie et de la Bible, principalement des psaumes » (CEC 1176). Certains psaumes ne correspondront pas à votre état d’âme. Priez-les quand même, pour l’Église et avec le Christ, car un psaume « peut être prié en vérité par les hommes de toute condition et de tout temps » (CEC 2588).

L’Avent est un bon moment pour commencer. La nouvelle année liturgique s’ouvre avec les premières vêpres du premier dimanche de l’Avent, le samedi 28 novembre 2026, et le psautier de quatre semaines reprend à la semaine I.

Quel est le lien entre la Liturgie des Heures et la messe ?

Les Heures prolongent la messe dans le reste de la journée. Elles préparent à l’Eucharistie et en découlent, et elles nourrissent la prière personnelle et les dévotions de la vie catholique ordinaire. Elles ne remplacent pas la messe, et elles ne font concurrence ni au chapelet ni à la prière personnelle.

Le Catéchisme présente la Liturgie des Heures comme « un prolongement de la célébration eucharistique ». Elle « n’exclut pas mais appelle de manière complémentaire les diverses dévotions du Peuple de Dieu, particulièrement l’adoration et le culte du Saint Sacrement » (CEC 1178). Notre article sur l’Eucharistie explique pourquoi la messe est au centre.

Parce que l’office est la prière publique de l’Église, il est « la source de la piété et l’aliment de la prière personnelle », et ceux qui le prient sont invités à « harmoniser lorsqu’ils l’acquittent leur âme avec leur voix » (Sacrosanctum Concilium 90). Les lectures de chaque Heure mènent tout naturellement à la lectio divina, qui, selon le Catéchisme, « est ainsi enracinée dans la célébration liturgique » (CEC 1177).

Le Catéchisme range les Heures parmi les « rythmes de prière destinés à nourrir la prière continuelle » (CEC 2698). L’Angélus rythme la journée de la même façon, et beaucoup de catholiques prient le chapelet en plus de l’office.

Questions fréquentes

Les laïcs peuvent-ils prier la Liturgie des Heures ? +

Oui, et aucune permission n’est nécessaire. Les fidèles laïcs « sont vivement invités, selon les circonstances, à participer à la liturgie des heures en tant qu’elle est une action de l’Église » (can. 1174, § 2). Le Concile les encourage à la prier avec les prêtres, entre eux ou seuls (Sacrosanctum Concilium 100).

La Liturgie des Heures et le bréviaire, est-ce la même chose ? +

En pratique, oui. La Liturgie des Heures est la prière ; le bréviaire est le livre qui la contient. « Office divin » est un nom plus ancien de la même prière, et le Catéchisme emploie les deux noms (CEC 1174).

Faut-il prier toutes les Heures ? +

Non. Les laïcs ne sont tenus à aucune d’elles. Les laudes et les vêpres « constituent les deux pôles de l’office quotidien » (Sacrosanctum Concilium 89) : l’une ou l’autre, ou les deux, sont donc le point de départ naturel. Les complies sont souvent l’étape suivante.

Combien de temps dure chaque Heure ? +

Priées lentement, les laudes et les vêpres demandent environ quinze minutes chacune. L’heure médiane et les complies prennent de cinq à dix minutes. L’office des lectures, avec ses deux longues lectures, demande vingt minutes ou davantage.

Est-ce encore la Liturgie des Heures si je la prie seul ? +

Oui. Elle reste la prière publique de l’Église même quand une seule personne la prie, et le Concile recommande aux laïcs la récitation de l’office divin « voire individuellement » (Sacrosanctum Concilium 100). La prier avec d’autres, et la chanter, est préférable quand c’est possible (Sacrosanctum Concilium 99).